Comprendre le somnambulisme : un tour d’horizon du mystérieux trouble du sommeil

Le somnambulisme, ce phénomène intrigant qui touche une partie de la population, est souvent entouré de mythes et de fausses idées. Dans cet article, nous vous proposons de découvrir les véritables mécanismes à l’œuvre dans le somnambulisme ainsi que ses causes, symptômes et pistes de prise en charge.

Qu’est-ce que le somnambulisme et pourquoi se produit-il ?

Le somnambulisme désigne un trouble du sommeil caractérisé par des épisodes d’activité physique plus ou moins complexes, réalisés durant le sommeil, sans conscience de ces actes. Si on l’associe généralement aux déplacements nocturnes, le somnambulisme peut également prendre différentes formes telles que parler, manger, ou encore effectuer des tâches quotidiennes.

Les mécanismes neurologiques en jeu

Le somnambulisme survient majoritairement lors de la phase de sommeil profond, plus précisément au cours du troisième stade du sommeil non-paradoxal. Cette phase correspond à un état intermédiaire entre l’éveil et le sommeil paradoxal, où nos rêves ont majoritairement lieu. Ce trouble semble provenir de l’activation simultanée de certaines zones cérébrales impliquées dans le mouvement et la motricité, alors que d’autres régions responsables de la conscience restent endormies. Ainsi, le somnambule est capable d’effectuer des mouvements coordonnés et précis sans en avoir conscience.

Les facteurs déclencheurs et les causes du somnambulisme

Si les mécanismes cérébraux du somnambulisme sont encore mal compris, plusieurs facteurs externes et internes ont été identifiés comme pouvant favoriser l’apparition des épisodes :

  • La prédisposition génétique : des études ont montré que les personnes ayant un parent proche somnambule étaient plus susceptibles de développer elles-mêmes ce trouble.
  • L’environnement : une chambre trop chaude, un matelas inadapté ou même certains médicaments peuvent influencer la qualité du sommeil et déclencher des crises de somnambulisme.
  • Le stress et l’anxiété : des tensions émotionnelles importantes peuvent perturber le sommeil et augmenter les risques de somnambulisme.
  • Les troubles du sommeil associés : certaines pathologies telles que l’apnée du sommeil, le syndrome des jambes sans repos ou le cauchemar peuvent provoquer un sommeil fragmenté et favoriser l’émergence du somnambulisme.

Les manifestations du somnambulisme

Le somnambulisme peut se manifester de différentes manières, allant des simples gestes aux actions plus complexes :

  1. Les déplacements : le somnambule peut parcourir quelques mètres ou traverser plusieurs pièces, voire sortir de son logement. Les yeux sont généralement mi-clos et la personne semble perdue dans ses pensées.
  2. Les actes répétitifs : certains somnambules peuvent effectuer des mouvements répétitifs tels que tapoter sur un objet, trifouiller un vêtement ou serrer/desserrer une poignée de porte.
  3. Les activités automatisées : il n’est pas rare que les somnambules réalisent des tâches quotidiennes (s’habiller, préparer à manger) tout en étant endormis.
  4. Le somniloquie : parler durant le sommeil fait également partie des troubles du sommeil non-paradoxal, comme le somnambulisme.

Dans la majorité des cas, les épisodes de somnambulisme ne durent que quelques minutes et sont sans conséquence pour le dormeur. Néanmoins, certaines situations peuvent représenter un danger, tant pour le somnambule que pour son entourage (risque de chute, d’accident domestique).

Diagnostic et prise en charge du somnambulisme

Le diagnostic du somnambulisme repose sur l’observation des symptômes, la collecte d’informations auprès du patient et de son entourage, ainsi que sur l’évaluation médicale du trouble. Dans certains cas, un examen spécifique appelé polysomnographie peut être réalisé pour étudier le sommeil du patient.

Traitement et conseils pour gérer le somnambulisme

Le traitement du somnambulisme dépendra des causes identifiées lors du diagnostic. La prise en charge pourra alors inclure :

  • La modification de l’environnement de sommeil : améliorer la qualité du couchage, diminuer le bruit et la luminosité ou encore adapter la température de la chambre peuvent favoriser un sommeil réparateur et limiter les risques de somnambulisme.
  • Les techniques de relaxation : apprendre à mieux gérer son stress par la pratique de la méditation, du yoga ou grâce à la psychothérapie peut réduire l’anxiété et donc le risque de somnambulisme.
  • Le traitement des troubles du sommeil associés : si une autre pathologie du sommeil est présente, sa prise en charge adaptée contribuera également à prévenir les crises de somnambulisme.
  • La pharmacothérapie : dans les cas les plus sévères, un traitement médicamenteux peut être envisagé pour réguler le sommeil et diminuer les crises de somnambulisme.

Enfin, quelques mesures simples peuvent aider à sécuriser l’environnement du somnambule :

  • N’entravez pas les issues de secours en cas de sortie involontaire.
  • Évitez de dormir en hauteur (lits superposés) ou assurez-vous d’avoir des protections latérales adéquates pour prévenir les chutes.
  • Rangez les objets dangereux (couteaux, verre brisé) hors de portée durant la nuit.
  • Mettez en place un système d’alarme ou de surveillance pour être averti en cas de sortie nocturne.